29215Les artistes contemporains lançant un défi à la mort ! Alors que les imprimés de feu Alexander McQueen se répandent à la vitesse de l’éclair dans les boutiques fashion, les néo-vanités du musée Maillol crânent.

La mort, ce n’est plus morbide, on ose enfin la représenter depuis le tragique épisode de la Shoah. La silhouette à la faux ne fait plus peur : on la provoque, on la vulgarise, on la pare de couleurs. Le crâne se fait crâneur, la faux, folie ! La mort devient bling bling, auréolée d’un casque rutilant !

 

Le parcours de visite du musée, un peu particulier, peut être pour nous désorienter et rappeler combien la mort est incompréhensible, nous fait ainsi commencer par le visionnage d’œuvres contemporaines, pour nous emmener petit à petit vers une époque plus ancienne.

 

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Le décalage est frappant : l’époque classique utilise le crâne comme objet de réflexion. Il est censé nous faire sentir comme notre vie humaine est vaine, et comme nous seront tous un jour rappelés à la mort. Perdu au milieu d’une sorte de nature morte (plutôt devrais-je dire nature morbide) constituée d’éléments nous renvoyant à la futilité de notre vie terrestre, les vanités, tableaux des maîtres classiques, incitent à la pensée, à la recherche de ce qui est nécessaire avant tout, à un questionnement religieux.

 

1009_a2a12471535005ffef2984cfa21c8eda_400wAu contraire, les contemporains vulgarisent la mort. Elle ne fait pas peur, semblent ils dire. Elle prend l’apparence de fruits, d’un Mickey, elle vient orner des bagues, des broches et des colliers. Elle perd son apparence mystérieuse, se débarrasse de son manteau philosophique et devient un objet de tous les jours. Une approche différente, une autre manière de penser, des propositions déroutantes, mais qui au final nous rappellent que la mort fait partie de notre quotidien.

Alors, sans vouloir faire de bourrage de crâne et si le cœur vous en dit, ne restez pas à vous ennuyer comme un rat mort, et allez y !

Personnellement, j’ai beaucoup aimé cette exposition, particulièrement les contemporains qui mettent en scène des cranes, et qui les font vivre d’une façon autre que le morbide qu’on s’imagine d’habitude ! Le titre de l’exposition est un peu prétentieux, « de Caravage à Damien Hirst » : sachez qu’il n’y aura en tout et pour tout qu’un Caravage. Et l’entrée, c’est pas gratos même pour les minos.

Mais sinon, à conseiller ! RDV au musée Maillol ! (Ames sensibles s’abstenir).