Les spaghetti, c’est bon. C’est beau. C’est… disco.

MAIS, manger des spaghetti requiert une technique culinaire d’un niveau bien supérieur à ce que l’on pourrait croire. "Spaghetti ? Peuh, facile !"

Hélas, vous vous trompez. Préparez des spaghetti, c’est dur. Manger des spaghetti autrement que hachés menu, c’est dur. Racler le fond d’une casserole de spaghetti, c’est dur.

Parcours du combattant.


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 Etape difficile n°1 : mettre les spaghetti dans l’eau.

Ça semble bête, hein. Une fois que l’eau de la casserole bout, on CROIT pouvoir mettre tous les spaghetti dedans comme s’il s’agissait de n’importe quelle sorte de pâtes. ERREUR ! La casserole est TOUJOURS trop petite pour contenir les spaghetti en entier. Pour peu que vous cuisiniez sur feu de bois, le bout d’un spaghetto dépassant de quelques millimètres en dehors de la casserole deviendra très vite noirci, et vos pâtes seront immangeables. Alors, plusieurs solutions :

La plus courante, couper les spaghetti avant de les plonger dans l’eau. C’est une étape technique, difficile, qui requiert une certaine maitrise de soi et une habileté incroyable. En effet, le fait de couper des spaghetti crus projette toujours dans la cuisine une multitude de petits bouts impossibles à rattraper. Et certains vous soutiendront que c’est un sacrilège que de les couper. Mais au moins, vos pâtes pourront cuire correctement.

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Sinon, l’autre technique consiste à laisser la première moitié des spaghetti cuire et  l’autre dépasser, et à appuyer au fur et à mesure avec un ustensile de cuisine sur la partie immergée des pâtes, pour peu à peu faire rentrer dans la casserole les spaghetti dans leur intégrité, profitant de leur assouplissement par l’eau chaude. Le tout sans se brûler. L’avantage, c’est qu’aucun sacrilège n’est commis. L’inconvénient, c’est que les spaghetti sont soumis à une durée de cuisson différente : à l’échelle d’une nouille, il y aura un morceau trop cuit, un morceau bien cuit, un morceau cuit, et un morceau pas cuit.

Peu importe la méthode choisie, le tout est de réussir à faire rentrer tous les spaghetti dans la casserole.

 

Etape difficile n°2 : goûter les spaghetti.

Une fois le temps de cuisson indiqué sur l’emballage écoulé, il vous faudra toutefois goûter le produit de votre cuisine afin de s’assurer de sa fermeté. Easy easy, semblez vous dire. ERREUR ! Gouter un spaghetti relève d’une technique plus ardue qu’il n’y paraît.

Saisissez vous d’une fourchette et tentez de prendre une nouille dans votre casserole. Après moult essais infructueux, vous parviendrez peut être à en obtenir un, malhabilement enroulé autour des branches de votre fourchette et toujours prêt à glisser pour vous jouer un mauvais tour.

C’est à ce moment précis qu’intervient l’étape ultime : le moment où il faut porter la fourchette à sa bouche. Cette technique n’a rien à voir avec celles utilisées pour d’autres types de pâtes comme les farfalle ou les penne rigate : dans ces cas simple il suffit de porter la fourchette à sa bouche.

Avec un spaghetti, c’est un moment unique, une course acharnée entre votre main et le spaghetti nonchalamment posé sur la fourchette. En effet il vous faudra aller assez vite pour pouvoir le gober avant qu’il ne tombe, mais pas trop non plus sinon il va glisser. Et comme tout le monde, vous vous retrouverez, la fourchette au niveau de la bouche, dans une attitude désespérée, la bouche tendue dans une moue grotesque pour tenter de happer le fil glissant avant qu’il ne commence une lente chute inévitable.

 

Etape difficile n°3 : manger ses spaghetti.

Manger des spaghettis proprement, c’est dur. Toujours le cruel problème des éclaboussures de sauce tomate sur le visage, les vêtements, la table. Et le dilemme récurrent de savoir si on peut les couper ou non. Enfin, on connaît.

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Etape difficile n°4 : racler le fond de la casserole de spaghetti.

Même si vous êtes équipés d’un lave vaisselle, sachez que vous n’échapperez pas à la pâte collée au fond de la casserole, sur le bord, impossible à récupérer. Vous aurez beau mettre du beurre, de l’huile ou que sais-je, la malédiction du spaghetto accroché perdurera (à moins de ne faire cuire que 3 spaghetti, bien sûr).

C’est ainsi, qu’armés des ustensiles de cuisine les plus perfectionnés, vous vous acharnerez sur cette pâte récalcitrante, avant de vous résoudre à finir par la gratouiller avec l’ongle.

 

Alors, avant de décider de cuisiner des spaghetti, sachez à quoi vous attendre. 4 étapes toutes plus difficiles les unes que les autres vous guettent. Bon courage !

Et en tous cas, mieux vaut éviter les spaghetti à un diner romantique. La Belle et le Clochard ? FAKE.